mardi 11 octobre 2011

Missive du bastion Est, par Cid Vincnet B

Difficile à mi-parcours, de dire quelque chose sur ce qui se joue à Effraction.
Difficile, surtout, d'en dire quelque chose qui ne soit pas de la communication, quelque chose de ce qui s'y dit, s'y élabore, s'y invente et peut surgir, impromptu ou improvisé, à n'importe quel instant... entre n'importe qui, deux ou plus, Êtres parlants subissant de plein fouet l'expérience de la langue, l'expérience de la poétique qui place le verbe et l'expression hors des chemins balisés de la rhétorique, de la posture, ou de la représentation, etc.

Effraction est alors un défi au temps, une humiliation à l'instantanéité de notre époque, à l'injonction faite de communiquer, car les liens qui s'y nouent, les connections qui s'y esquissent sont impalpables : elles germent, éclosent, bifurquent pour se retrouver ailleurs, dans cet ailleurs éphémère mais réciproque, cet imaginaire qui se crée pour l'occasion.

Qu'en est-il alors de la contestation ? Qu'en dire si ce n'est qu'elle est omniprésente et invisible, quasi-muette parce qu'implicite, finalement secondaire à la jubilation, parce qu'ici ce sont bien des sujets qui s'expriment, des voix singulières qui portent au-delà de l'insoutenable quotidien.