lundi 7 mars 2011

Liberté, ils écrivent ton nom!

La liberté n'a pas de prix, dit-on. Sans doute...Mais les hommes et les femmes qui se dressent aujourd'hui - et depuis plusieurs mois maintenant - face aux dictateurs qui les ont asservis, savent, eux, qu'elle exige un coût si élevé que certains d'entre nous hésitent même à prononcer son nom...

C'est parce que nous croyons non seulement à la spontanéité de ces mouvements issus du cœur même de la société civile, mais plus encore qu'ils sont, dès aujourd'hui et pour demain, la possibilité de voir cette région du monde connaître enfin l'instauration d'une paix durable, après près d'un siècle de troubles et de guerres incessantes...

Mais c'est aussi parce que, bien que conscients des limites réelles de notre action, à l'heure où, en Libye, l'armée du colonel Kadhafi marche sur les villes tenues par les insurgés, massacrant indifféremment hommes, femmes et enfants en utilisant des armes de guerre prévues initialement pour arrêter des chars d'assaut et des avions de chasse, et qu'en Tunisie comme en Egypte s'ouvre le temps de tous les dangers pour ces fragiles mouvements populaires qui auront désormais à faire face, tout comme nous ici, aux menaces des plus extrémistes d'entre eux, qu'il nous a semblé aussi urgent que nécessaire d'organiser cette soirée.
Ne serait-ce qu'au titre de cette responsabilité qui nous incombe, en tant qu'artistes et citoyens de ce pays qui incarne aux yeux du monde le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes. Afin qu'aucun des responsables politiques qui le gouvernent aujourd'hui, ni ceux qui pourraient être appelés à le gouverner demain, n'ignorent que nous serons d'une extrême vigilance quant aux décisions qu'ils prendront à l'endroit de ces hommes et de ces femmes, qui sont prêts  à payer de leur vie, le coût exorbitant de cette liberté qui n'a pas de prix...