mardi 1 février 2011

Une paix retrouvée coûte que coûte vaut mieux que deux démocraties tu l’auras...

Tandis qu’une partie du monde arabe est traversée par un désir de démocratie, monté comme une tornade qui semble capable de tout emporter sur son passage, ici, outre de s’inquiéter tout à trac : du nécessaire – et Ô combien généreux – devoir de protéger ces gentils indigènes d’eux-mêmes – avec l’envoi massif de matériel à haute teneur pacifique - de la dangerosité politique de la littérature, du bien fondé du système de rémunération des artistes et techniciens du spectacle vivant, de faire la chasse aux plus démunis et de trouver que, finalement, en blonde, l’extrême droite n’est plus si outrancière que ça, on continue, l’air de rien, à souffler le chaud et le froid sur le marbre de la loi de 1905 en priant pour qu’il éclate...

Avec tout ça – et quatre bons millions de chômeurs – si l’on ne parvient pas à faire prendre l’angoisse, comme les mauvaises herbes dans un jardin de terres arables, c’est bien qu’on ne s’y connaît plus...


Évidemment, dit comme ça, pour le moins, on pourrait voir ses bras tomber sur le bitume et nettoyés dans l’heure par les services d’hygiène perfusés à la dopamine comme les arts aux subventions publiques à la seule condition que ces derniers, surtout, ne disent rien qui perturbe le climat tempéré de cette bonne vieille république que d’aucuns, un peu rapidement peut-être, qualifient sans vergogne de cacochyme...


Indignons-nous répliquerons sans doute le bon million d’âmes touchées par la grâce de Stéphane Hessel, entre deux gueuletons de fin d’année, le pousse-café et le digestif, la bûche crémeuse et la galette...


Certes, il y a de quoi. Mais comment ? En poussant quelques incantations facebookiennes, censées faire surgir une nouvelle foi aussi aveugle que stupide en une hypothétique Révolution ?


Ben voyons...Et dire qu’il y a quelques années seulement – quelques mois ? – certains constataient non sans plaisir, que Camus et son Homme révolté l’avaient finalement emporté sur Sartre... Que le 8 février prochain, nous fêterons le trentième anniversaire de la naissance du GIPP, fondé par Michel Foucault et quelques autres nous exhortant à développer les luttes sectorielles et que depuis, un penseur comme J-C. Milner a tenté – non sans grâce ni pertinence - de nous montrer que les issues ne pourraient s’inventer que par la production de savoirs embrayés...


En ce qui nous concerne, chez Cid Errant Prod, on a opté pour quelques actions modestes et tristement réelles auxquelles, si possible, nous tenterons de soutirer de l’expérience et du savoir transmissible à autrui...



Comme par exemple en soutenant coûte que coûte l’Orchestre pour la Paix (celle-là sans grenade lacrymogène, ni flash-ball, ni taser ) dans sa volonté de diffuser son message au plus grand nombre, au travers de ses concerts et ses interventions partout où l’on voudra bien l’accueillir...


La prochaine date étant le 5 février prochain, dans l’église Saint-Remy à Asnières-sur-Oise, sous la protection de la gendarmerie, suite aux menaces très sérieuses proférées par quelques extrémistes catholiques, que les inclinations du pouvoir actuel et le climat délétère d’une France qui ne perçoit plus les dangers de son angle mort à droite, favorisent largement...


Et c’est d’ailleurs parce que nous comprenons parfaitement les récriminations de ces puritains illuminés qui voient dans cette perspective de musiciens juifs et arabes jouant ensemble au cœur d’une église de la musique de nègre, le plus évident des outrages à la folle passion qui,toute de bure vêtue, les porte dans cette existence, que nous y serons plutôt deux fois qu’une...


Parce que c’est bien chaque possibilité qui nous est donnée de dire non au pire qu’il faudra savoir saisir désormais, si nous ne voulons pas le voir surgir à nouveau au coin du bois...