mercredi 5 janvier 2011

De la paix


Avec l’aube furieuse de l’humanité naquit également la paix,
fragile murmure perdu dans le fracas des armes et des combats, étouffé par les hurlements sourds d’hommes terrifiés, voués sans fin à se jeter les uns contre les autres pour le seul plaisir des puissants.

Murmure chuchoté en vain par le chœur des mères condamnées à attendre dans la solitude glacée et le silence inquiet de leurs foyers abandonnés,
Ce chœur des mères qui, avec le temps, transforma le murmure inaudible en une longue et douloureuse plainte, que le bruit des bottes et des canons ne parviendrait plus jamais à couvrir tout à fait…Que la rage même, surgie du cœur des hommes au jour de leur naissance, ne pourra plus taire, maintenant que le monceau de cadavres élevé par leur folie ne cessera plus de nous hanter.

Pourtant, reste-t-il sans doute à la paix un long et sinueux périple, un voyage périlleux à accomplir, à travers les cultures et les langues, de la beauté des unes à la beauté des autres.
Défi immense à relever que de reconnaître chacun et chacune dans sa singularité fragile, pour parvenir enfin, grâce à l’humble conviction de ses pèlerins, par-delà les colères et les amertumes, à dispenser sans fin la douceur de ses certitudes.

Franck-Olivier Laferrère, texte écrit pour l'Orchestre pour la Paix